
Plus d’une semaine déjà depuis l’annonce du palmarès du Prix du Roman Gay, à Paris, au centre LGBT, rue Beaubourg et j’ai encore un fatras d’image dans ma tête et un méli-mélo d’émotions dans le cœur… Rien n’est trié, tout est encore en vrac.
Je me souviens d’être arrivée en courant rue Beaubourg. Comment j’ai réussi à me perdre en sortant du métro dans ce quartier que je connais comme ma poche ? Mystère… Il est presque 19 heures, il fait nuit et c’est la foule amassée sur le trottoir qui me fait repérer le lieu. Je me faufile, les épaules rognées, le cœur battant : les choses sérieuses vont commencer ! On fait descendre les auteurs en sous-sol et ouf, des chaises ! Le public, au-dessus, va rester debout à regarder la retransmission de la cérémonie sur écran. J’ai juste eu le temps de faire la connaissance d’Yves Rozier et de Dominique Faure et de faire un signe à Tadzio Alicante. On est quatre d’ExAequo dans la salle. Je ne sais pas comment vont les autres à ce moment-là. Moi, je suis au bord de l’évanouissement !
C’est là où je devrais faire un compte-rendu bien fidèle et c’est là où tout se brouille… La fatigue (je me suis levée à 5 heures…) et l’émotion… Le trac même… Je me souviens d’avoir entendu le discours de présentation de Gérard Goyet, des éditions du Frigo, fondateur du Prix, entendu mais pas forcément enregistré… Je sursaute quand il énonce un titre et un nom : « … Malek Lakhal pour Valse des silences chez Jean Claude Lattès… » L’auteur n’est pas là. Un problème de visa. Un homme envoyé par sa maison d’édition lit le texte qu’il a écrit pour l’occasion. Très beau, le texte, fin et sensible, remarquablement écrit… C’est là que ça me revient… Mon petit discours. J’en ai préparé un, dans le train Toulouse-Paris. En sept heures de trajet, j’ai bien eu le temps… Dans ma poche de droite, je trouve pliée en quatre ma réservation d’hôtel… Et dans celle de gauche, une vieille liste de commissions… Pendant ce temps là au micro, les auteurs se succèdent, leur discours à la main. Tadzio Alicante et Yve Rozier reçoivent l’un et l’autre le Prix dans la catégorie « Découverte », Tadzio pour Le Garçon from L.A etYves, pour Seth et le Garçon-Sirène . Je ne me rappelle pas ce qu’ils ont dit… mais je me souviens de les avoir enviés. Ce que c’était bien… Ils ont la formule juste, les mots qu’il faut, chacun à leur manière.
Et crac, c’est mon tour… « Isabelle Pons pour Puits d’Ombre, Prix du roman gay dans la catégorie Policier… » Je me lève, les jambes flageolantes, le cœur en mode tam-tam et la tête… pleine de neige… me souviens de rien quant au discours préparé dans le train… Rien. Heureusement, j’ai toute ma vie pris l’habitude de … m’exprimer quand je n’ai strictement rien à dire sur des sujets dont j’ai lu, en vitesse, trois lignes dans Télérama. Et l’expérience, ça sert… Ce ne fut pas un grand moment d’éloquence, certes, mais j’ai pu dire mon émotion d’être là…
Pour l’éloquence et pour représenter dignement les éditions ExAequo, il y a eu Dominique Faure… Chapeau bas… Son roman, Frédéric, instants de grâce vient de recevoir le Prix, dans la catégorie Romance et en l’écoutant, je me dis que ce n’est pas pour rien…
Voilà, nous sommes quatre d’ExAequo à avoir été récompensés. Aucune autre maison d’édition n’a été à ce point citée pendant la remise de ce Prix… ni même pour deux romans… ni même depuis que ce Prix existe… Elle aurait d’ailleurs pu recevoir ce prix-là, la maison qui nous édite, le Prix du plus grand nombre de romans primés… N’est-ce pas ?
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